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 Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne

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Kahéna
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MessageSujet: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 13:09

Les prédateurs des temps modernes


Par Hmida BEN ROMDHANE

Citation :
En quelques semaines, Goldman Sachs, la plus grande banque d’affaires au monde, est devenue le symbole de ces institutions financières à la fois prédatrices et cupides. Des institutions qui ne reculent devant rien, quitte à faire sombrer la planète entière, pour engranger les gros bénéfices et distribuer en fin d’année primes et bonus dont l’unité de calcul des sommes dues à chaque bénéficiaire est le million de dollars.

La particularité ahurissante de ces prédateurs des temps modernes, de ces «voleurs en cravate», comme les appelle déjà la presse internationale, est qu’ils sont à la fois voleurs et traîtres. Voleurs, parce qu’ils détroussent leurs clients, et traîtres parce qu’ils trahissent des gens qui leur ont confié leur argent et qui leur ont fait confiance. Cette trahison est d’autant plus méprisable que ces prédateurs ont non seulement conseillé à leurs clients d’investir dans des titres qu’ils savaient voués à l’effondrement, mais, pire encore, ils ont joué un grand rôle en précipitant la chute de ces titres contre lesquels ils ont sciemment spéculé, ce qui leur a permis d’engranger des milliards.

Comble de la traîtrise, ces «voleurs en cravate» de Goldman Sachs ont mené en bateau des citoyens après avoir bénéficié de l’argent du contribuable qui a servi à renflouer cette banque et ses semblables lors de la grande crise financière de 2008, crise à laquelle ces prédateurs sont loin d’être étrangers évidemment…
Mais cette manipulation de quelques milliers de clients n’est rien par rapport à ce qu’on vient d’apprendre : l’appétit gargantuesque de ces prédateurs les a poussés à s’attaquer carrément aux Etats, et Goldman Sachs, avec d’autres banques prédatrices, n’est pas étrangère à la crise grave de la Grèce qui a mis en péril le système financier européen tout entier.

Selon le Spiegel et le New York Times, Goldman Sachs, en complicité avec d’autres banques de Wall Street, JP Morgan, Chase Manhattan et d’autres, avaient mis au point un montage financier complexe destiné à cacher l’ampleur de l’endettement de la Grèce, ce qui a permis à ce pays d’emprunter des centaines de milliards de dollars. Ces banquiers savaient pertinemment, cela va sans dire, que la très modeste économie grecque n’avait pas les moyens d’honorer une dette aussi colossale. Mais cela ne fait rien, car plus la Grèce s’endette, plus ces prédateurs engrangent les bénéfices.

D’après la presse européenne, «c’est une cadre de Goldman Sachs, Antigone Loudiadis, qui serait l’architecte du montage financier permettant de dissimuler l’ampleur de la dette de la Grèce. Elle aurait permis à sa banque d’engranger 300 millions de dollars de rémunérations pour ces transactions».

Le Parlement grec enquête depuis des mois sur «la responsabilité des banques américaines» dans la crise financière du pays, et le président Papandréou, dans une récente interview diffusée sur CNN, n’a pas exclu de traîner en justice des banques américaines, dont Goldman Sachs.

La pagaille financière internationale trouve son origine donc dans la cupidité et dans la soif inextinguible de gains des grandes institutions financières internationales dont le comportement irresponsable a failli précipiter le monde en 2008 dans une dépression de la taille de celle 1929.

On se rappelle qu’une grande crise a été évitée grâce à la rapidité et la compétence avec laquelle l’administration Obama avait réagi. Voulant éviter que de tels dangers ne se reproduisent, Obama et ses collaborateurs ont mis au point un projet de réforme. Discuté actuellement par le Sénat, il sera soumis au vote probablement la semaine prochaine, après qu’une version de ce projet ait été adoptée par la Chambre des représentants.

Il va sans dire que les banquiers de Wall Street sont contre et tentent toujours de bloquer la réforme. Fin avril, Obama, soutenu par l’opinion publique et par deux prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, a dénoncé «les efforts furieux des lobbyistes de la profession pour façonner cette loi d'une manière qui serve leurs intérêts propres».

A quelque chose malheur est bon. Les pratiques scandaleuses de la banque Goldman Sachs semble faciliter la tâche d’Obama, tout en rendant ardue celle des «lobbyistes de la profession» dont les réseaux tournent à plein régime avec pour cible principale les parlementaires américains.

L’idée centrale de la réforme proposée par Obama est que l’argent du contribuable ne servira plus à sauver les banques qui se mettent en difficulté par un comportement irresponsable. L’argent du contribuable, en leur servant de filet de sauvetage, n’a fait jusqu’ici qu’encourager les aventures, les spéculations et les prises de risques exagérés par des banques rassurées qu’au bout du compte, et en cas de catastrophe, elles seront renflouées par l’argent public, comme ce fut le cas en 2008. En cas d’adoption de la réforme par le Sénat, toute banque qui se met en difficulté et qui n’arrive pas à se sauver elle-même, sera tout simplement démantelée.

Ces prédateurs aux dents longues sont furieux et tentent désespérément d’accréditer l’idée que le Président américain est un «communiste», un «dirigiste», un «ennemi de l’économie de marché», etc. Mais Obama a déconstruit toute cette stratégie d’attaque par une phrase simple : «Un marché libre n’a jamais voulu dire un permis de prendre tout ce que vous pouvez prendre», a-t-il lancé à ses détracteurs dans l’un des nombreux discours sur la réforme financière.

Reste à savoir si le Sénat va voter cette réforme. Beaucoup de sénateurs qui, avant l’éclatement du scandale de Goldman Sachs étaient férocement contre la réforme, sont maintenant bien embarrassés. Ils aimeraient aider les banquiers de Wall Street, prédateurs, certes, mais généreux en période électorale. Mais s’ils le font, ils donneront l’impression qu’ils se sont rangés du côté de ceux qui n’ont aucun scrupule à détrousser les contribuables, qui sont aussi électeurs. Dans quelques jours, ils doivent pourtant choisir. Choisir entre les intérêts des «voleurs en cravate» et ceux des honnêtes citoyens.
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 13:23

Citation :
Le Sénat américain approuve la réforme de Wall Street

LE MONDE pour Le Monde.fr | 21.05.10 | 06h34 • Mis à jour le 21.05.10 | 11h14
New York, correspondant


e Sénat américain a approuvé, jeudi 20 mai au soir, le projet de réforme financière le plus ambitieux depuis les mesures adoptées durant la Grande Dépression des années 1930, sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt. Il doit désormais être discuté avec celui voté en décembre 2009 par la Chambre des représentants pour aboutir à un texte soumis communément au vote des deux chambres qui sera, par la suite, envoyé au président Barack Obama pour signature.

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"Depuis un an, le secteur financier a régulièrement tenté d'empêcher la réforme avec des hordes de lobbyistes et des millions de dollars de dépenses en publicités. Ils ne sont pas parvenus à l'anéantir ni à la couler", s'est réjoui en soirée M. Obama. Dans l'après-midi, il avait précisé: "Notre objectif ne consiste pas à punir les banques mais à protéger l'économie et le peuple américain du type de cataclysmes que l'on a connu ces dernières années."
De leur côté, les républicains ont tenu à rappeler que les deux principaux acteurs du système du crédit aux Etats-Unis, les "refinanceurs" (organismes garants) Fannie Mae et Freddie Mac – ils sont devenus des organismes nationalisés de fait après un renflouement qui aura coûté 60 milliards de dollars (près de 48 milliards d'euros) au Trésor américain – sont exclus des mesures annoncées.
"Le plus décevant est que leurs pertes continuent et que le contribuable n'en voit pas la fin", a dénoncé le leader de l'opposition sur les questions financières, le sénateur républicain de l'Alabama Richard Shelby. Il a jugé que cette loi allait affecter négativement "la vie des Américains pour des décennies". Selon lui, les marchés ne vont pas apprécier cette réforme et "ils ne feront pas crédit pour ses bonnes intentions".
Le président s'y attend, qui dans son allocution après le vote a dit sa conviction que "les lobbies financiers vont continuer" à tenter de vider la loi finalement adoptée de tout contenu qui lui déplairait.
Le texte voté par le Sénat ambitionne de mettre en place un dispositif assurant qu'une crise de la magnitude de celle qui a frappé les marchés financiers après l'explosion de la "bulle" des titres subprimes ne se reproduira pas. Son objectif prioritaire est d'installer des mécanismes de contrôle du "risque systémique". Ses principales mesures sont les suivantes :

  • LE CONTRÔLE DES ACTEURS

Un "Conseil de contrôle de la stabilité financière", regroupant l'ensemble des organismes de régulation, sera créé. Il devra anticiper l'émergence de risques globaux et la formation de bulles spéculatives. La Réserve fédérale américaine (Fed) y détient des prérogatives élargies et un contrôle accru sur les grandes banques et les fonds d'investissement – le texte voté par la Chambre en prévoit moins.
La pratique dite des "opérations pour compte propre" qui permet aux établissements bancaires de miser leur propre argent à l'inverse des conseils qu'elles délivrent à leurs clients sera beaucoup plus restreinte, et cette mesure sera élargie aux hedge funds. Par ailleurs, les primes des managers d'entreprises en grande difficulté seront encadrées. Quant aux sociétés financières, elles verront les "compensations" (primes et bonus) de leurs cadres avalisées par un cénacle indépendant de leur direction incluant la présence (mais sans droit de vote) d'un représentant des actionnaires.

  • L'ÉVITEMENT DU RISQUE SYSTÉMIQUE

Un mécanisme permettra à l'Etat d'imposer des limites aux actions jugées trop risquées des grandes institutions et dont l'effondrement pourrait faire s'écrouler l'ensemble du système. Si une grande banque devait faire faillite, un fonds de compensation alimenté par les établissements bancaires serait instauré a posteriori pour gérer sa reprise ou sa liquidation sans frais pour le Trésor. La Chambre prévoit qu'un fonds de compensation de 150 milliards de dollars (près de 120 milliards d'euros) sera créé sans attendre.

  • LES AGENCES DE NOTATION

Pour éviter les conflits d'intérêts sur les titres de crédit, un organisme d'autocontrôle est instauré, sous le patronage de la Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité américaine de régulation des marchés financiers, qui en désignera les membres.

  • LA DÉFENSE DES CONSOMMATEURS ET DES PETITS ACTIONNAIRES

Une agence de protection des consommateurs est chargée de réguler les produits financiers risqués. Son autorité s'imposera aux banques détentrices de plus de 10 milliards de dollars d'actifs. Quant à l'accès au crédit, il sera mieux contrôlé pour éviter les emprunts "prédateurs". L'Etat élargit son contrôle sur les produits financiers basés sur le crédit: prêts immobiliers, cartes de crédit, etc.

  • LES PRODUITS DÉRIVÉS

Pour la première fois, les Etats-Unis instaureraient un mécanisme de vérification avant mise sur le marché de ces produits financiers à risque. La Chambre avait protégé la plupart des acteurs (hedge funds, en particulier) d'un contrôle de leurs activités sur les dérivés. Le Sénat instaure une obligation de "transparence" sur ces produits.

  • LA "RÈGLE" VOLCKER

Elle stipule de rétablir une plus grande séparation des activités des banques de dépôt de celles des banques d'affaires. La Chambre l'avait rejetée. Le Sénat la remet dans le jeu, bien qu'il laisse une latitude importante à son application. Il limite aussi la "cure d'amaigrissement" qu'une lecture stricte de la doctrine Volcker induit pour éviter la constitution de banques too big to fail – "trop grosses pour être lâchées" par l'Etat en cas de difficultés. Mais les banques détenant plus de 250 milliards de dollars d'actifs devront augmenter leur niveau de capitaux propres.
Les deux textes dépassant les 1300 pages l'un et l'autre, les débats pour surmonter leurs différences (en particulier sur les prérogatives de la Fed) promettent d'être ardus. Mais les mouvements erratiques qui affectent les marchés à l'occasion de la crise de la zone euro ont été invoqués par le représentant Barney Frank, principal acteur démocrate de la réforme à la Chambre, pour pousser ses collègues à ne pas lambiner.
Dans l'idéal, les démocrates voudraient obtenir un texte unique d'ici au 24 juin, avant les réunions successives du G8 puis du G20 au Canada – les Etats-Unis y arriveraient ainsi en étant les premiers à avoir engagé une réforme en profondeur de leur système financier. A défaut, ils se satisferont d'un compromis bouclé avant la fête nationale américaine, le 4 juillet
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 13:43

Un bel article dans le Temps, c'est une très bonne nouvelle que le Senat ait voté positivement à cette réforme, car si le Monde continue sur cette voie, tout s'écroulera comme un chateau de cartes, sauf pour les pays asiatiques qui tirent l'épingle du jeu.
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 14:00

J'ai lu 2 lignes, j'y reviens.
Ils cherchent un bouc émissaire. C'est ma première réaction.
Une société qui vit une crise de valeur et qui cherche un expéditif pour reporter l'examen de conscience.
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 14:25

Oui tout à fait , la banque G&S a fait couler bcp d'encre, et elle a pu grace à l'administration Bush ( fils) placer ses anciens hauts cadres à la tête d'organismes étatiques stratégiques tels que le Tresor ou au sein même du gouvernement Bush alors forcément il y a eu de forts conflits d'interets.
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 16:31

Le premier article on dirait une dissertation, très moyen pour ne pas dire faible.
A propos deuxième article, vivement les réformes pour ne plus avoir: les pertes nationalisées et les gains privatisés.
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MessageSujet: Re: Les Voleurs en cravates: de la crise des subprimes à la crise europeenne   21/5/2010, 17:07

Tozz, les hedges funds sont pour la plupart aux caîmans et à jersey. obama le communiste, yeddou
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