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 Un petit essai

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Belial
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MessageSujet: Un petit essai   20/2/2010, 02:53

Pas vraiment dans mes habitudes d'écrire de la "fiction", mais voilà un petit essai :

Il n'est pas en bonne condition physique. Il doit avoir dans les 50 ans, l'âge où toutes les maladies décident de se manifester. Problèmes de respiration, cholestérol, hypertension artérielle... Mais il est obligé de courir. Il faut qu'il coure s'il espère échapper au sort que lui réserve cet inconnu. Au milieu de tout cet effort, il a oublié la raison pour laquelle il se trouvait là. De toute façon ce n'est plus important. L'important c'est de courir. Tout cet effort physique lui fait mal. Il tousse, il tombe et il se relève avec difficulté. Il s'éloigne du petit village qui était bloqué par cet homme vêtu de noir. Difficile d'imaginer qu'un homme lui veuille du bien en tenant à la main cet énorme couteau tâché de sang frais, et qui se met, aussitôt qu'il l'a vu, à ses trousses.
Le pont qui assure l'accès au village est inaccessible. L'inconnu se trouve devant, tout juste en dessous d'un unique lampadaire qui n'éclairait pas plus que quelques mètres à ses alentours. Impossible de voir son visage, surtout qu'il portait un chapeau qui cachait la moitié de sa tête, alors que son manteau en cachait l'autre moitié. La lumière qui vient d'en haut ne peut rien faire contre l'ombre de ses habits.

Crier ? Personne ne va l'entendre dans cette nuit. La pluie tombe, le vent siffle violemment, et le foid en découragerait plus d'un à sortir de chez lui. Il faut courir. La forêt n'est pas loin, peut-être qu'en s'y aventurant un peu il se débarasserait de lui. Il pourra par la suite revenir sur ses pas et aller demander de l'aide aux habitants du village. Maintenant il faut courir.

Ces satanés chiens - ou est-ce des loups ? - ne facilitent pas la tâche. Ils ont aperçu quelque chose qui court à une centaine de mètres, ça tombe bien ils ont faim. Il les entend aboyer de loin. Ils s'approchent de plus en plus. Il n'est plus possible de faire marche-arrière, il faut continuer de courir dans cette forêt. Heureusement que c'est la pleine lune car sinon il aurait pu se prendre à la figure quelques bonnes dizaines de toutes ces maudites branches qui surgissent de nulle part.

Est-ce une illusion ? Non ça ne l'est pas. C'est bel et bien un bâtiment qu'il voit de loin. Un énorme bâtiment au beau milieu de la forêt. Ca ressemble à une ancienne usine abandonnée. Elle servait peut-être à travailler le bois, ce qui expliquerait l'absence des arbres aux alentours. Le plus important c'est cette sorte de lumière fragile qui s'en dégage. C'est probablement du feu, et là où il y a du feu il y a des humains, et dans ces circonstances, les humains représentent la sécurité. Que font des hommes dans un endroit pareil, à une heure aussi tardive ? Des ivrognes probablement. Peu importe, l'important c'est la chaleur humaine qu'ils peuvent lui offrir, il en a tellement besoin.
Une lueur d'espoir commence à naître dans sa tête. L'espoir se fait si grand qu'il n'a pas remarqué que l'inconnu qui était à ses trousses s'est arrêté. Il n'a pas remarqué que les chiens ne s'approchaient plus. Et il continue de courir de plus belle.

Il entend un cri lointain. Est-ce les chiens ? Il l'ignore, mais le son ne ressemble à aucun cri d'un animal qu'il connait. Il continue de s'approcher de l'usine. Il arrive enfin et y entre sans tarder par l'énorme porte rouillée. Il fait très noir à l'intérieur, mais il a sur lui un briquet. Finalement ça sert à quelque chose d'être fumeur. Il s'arrête un moment pour reprendre son souffle, pour se débarraser un peu de la sueur mélangée à la pluie qui le couvrait, puis il commence à explorer le vieux bâtiment.

Ca fait quelques minutes qu'il cherche les escaliers qui mènent au premier étage, là où il a vu la lumière. Il les trouve enfin et commence à monter. C'est là qu'il entend le cri pour la deuxième fois. Cette fois il semble bien plus proche. En fait il était si proche qu'il aurait juré qu'il venait de l'étage au-dessus. Il se met en tête que ça vient de l'extérieur, que ces chiens affamés poussent des cris bizarres vu le temps qu'il fait dehors. Il continue son exploration. Il n'a plus besoin de son briquet maintenant, il peut voir ce qui l'entoure, quoique avec une certaine difficulté. Il n'y a plus de doute, la lumière vient de cet étage. Il n'y a plus de doute non plus quant à l'origine des cris étranges qu'il a entendu. Ils viennent de ce même bâtiment. Ils se font de plus en plus nombreux, de plus en plus proches. Il l'a compris tard, très tard. Maintenant, la chose qui pousse ces cris semble être à sa recherche. Des portes se claquent brutalement, des sons de métal rouillé qui tombe par terre. Il ne sait plus quoi faire ni où aller. Il se peut que la chose soit en train de l'attendre en bas. Il ouvre les portes l'une après l'autre, il commence à sentir la folie de la terreur l'envahir. Il est perdu, et les cris se font plus proches que jamais. Et soudain, il l'entend juste à côté de lui, et un bébé se met à pleurer...

Inspiré par Lustmord - Part I (de l'album Heresy)

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Mr Magoo
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MessageSujet: Re: Un petit essai   20/2/2010, 11:38

Bonjour Bellial. Je pense que tu es bien là ou tu es. Pour écrire il faut aussi progresser. Je t'invite à une relecture rapide de ton texte. Enfin je pense que ton leitmotive plus que toute autre chose à te convertir en scénariste virtuel est l'ennui. Je te dédie ce poème même si d'ennui beaucoup sont morts, crevés par le destin et les cons qui les entourent...

Au lecteur

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;

C'est l'Ennui!- l'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

Baudelair Les fleurs du mal
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MessageSujet: Re: Un petit essai   23/2/2010, 23:18

Il manque du suspence au texte (mais j'imagine que le texte est incomplet) , et je ne comprend pas qui est ce monsieur qui court et qu'est ce qu'il pense de tout celà ... mais je trouve que c'est bien écrit et ton écriture est trés clair.





Mr Magoo a écrit:

- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

c'est l'un de mes meilleurs vers .
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Belial
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MessageSujet: Re: Un petit essai   24/2/2010, 05:22

Merci pour les critiques.

En fait, ce n'était peut-être pas clair, mais j'ai eu l'inspiration d'écrire ce petit récit en écoutant de la musique. J'avais des images en tête, et l'effet que me procure ce titre est assez intense, j'ai donc eu l'idée de retranscrire ce que j'avais en tête. Donc non il n'y a pas de suite, il faut écouter le titre (que j'ai mis en téléchargement) pour avoir une meilleure idée, notamment avec la fin qu'on pourrait trouver "brusque".

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