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 L'âge d'or de la boxe tunisienne

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MessageSujet: L'âge d'or de la boxe tunisienne   5/10/2008, 17:28

Dans son dernier film, le cinéaste tunisien Hichem Ben Ammar revient sur les exploits des différents champions de boxe qui ont enflammé les rings de la Tunisie avant que celle-ci n'acquière son indépendance en 1957.

Citation :
Jeudi 02 octobre 2008
Par Clea Caulcutt et James André

A la lueur des néons, Jacques Chiche montre à de jeunes boxeurs une série de coups dans son très animé club de boxe parisien. Sur les murs, les plus grands boxeurs, Mohamed Ali, Marcel Cerdan et Mike Tyson imposent le respect. Homme énergique à l’œil perçant, Chiche, d’origine juive tunisienne, a quitté le sol tunisien dans les années 1950 pour poursuivre sa carrière de boxeur en France. Aujourd’hui, son ami et ancien champion de France, Félix Brami, visite son club en compagnie du cinéaste tunisien Hichem Ben Ammar. Ensemble, ils parcourent les albums photos tout en discutant de l’âge d’or de la boxe tunisienne. De retour à Paris, Ben Ammar a tourné, il y a un an, "J’en ai vu des étoiles", un documentaire sur l’épopée de la boxe tunisienne, de son ascension à son déclin. Avant que la Tunisie obtienne l’indépendance, les colons français, les immigrés maltais, les Italiens, les musulmans, les juifs - une large communauté en Tunisie avant les années 1950 - s’affrontèrent aussi avec les gants.

Chiche a débuté dans le monde de la boxe, à l’âge de 14 ans, après avoir vu un film sur le champion français d’origine marocaine Marcel Cerdan, célèbre pour son histoire d’amour tumultueuse avec la chanteuse Edith Piaf. L’entraîneur du club de boxe local ne trouvait pas le jeune Chiche suffisamment motivé, "mais je suis revenu, et regarde, je suis là soixante ans après", constate-t-il. Pour ces boxeurs, les années 1930, 1940 et 1950 représentent l’âge d’or de la boxe professionnelle tunisienne. C’est une période qui a vu défiler les plus grands boxeurs du pays : du champion du monde "Young Perez", véritable coqueluche du Tout-Paris qui mourut dans un camp de concentration nazi, à Sadok Omrane, surnommé "le frappeur aux poings d’acier".

Combattre pour quelque chose

"Pour avoir une bonne réunion de boxe, tu as besoin d’un musulman, d’un chrétien et d’un juif, note en souriant Jacques Chiche. Les spectateurs venaient pour supporter leur clan. Il y a eu quelques bagarres mais cela finissait toujours bien. Nous faisions la fête, c’était merveilleux", ajoute-t-il. Selon Ben Ammar, tous les boxeurs se connaissaient et chaque champion représentait son propre clan dans les querelles de pouvoir précédant l’indépendance de 1956. "Les communautés s’affrontaient, elles n’avaient pas les mêmes intérêts dans cette société. Chaque communauté avait sa salle et ses slogans. Ces communautés montraient que, même dans l’affrontement et dans la boxe, elles pouvaient cohabiter. Mais les plus pauvres se mettaient aussi à la boxe pour survivre. Félix Brami a commencé la boxe en Tunisie et est devenu champion de France en 1961. Il se remémore ses premiers pas dans la boxe. "J’étais jeune, je n’avais pas le sou. Il fallait que je boxe, pour mes parents et pour moi aussi", explique-t-il.

Le déclin après l’indépendance

Le sport fut introduit dans la Tunisie colonisée dans les années 1910 et au début, les musulmans tunisiens n’étaient pas intéressés, selon Ben Ammar. Petit à petit, les boxeurs musulmans portèrent le combat de la Tunisie pour l’indépendance sur le ring, face aux colonisateurs. "Pendant la lutte pour l’indépendance, les boxeurs musulmans tunisiens avaient un enjeu, ils avaient une cause à défendre", indique Ben Ammar. La ferveur est retombée après l’indépendance. Selon le cinéaste, la décolonisation et le départ des communautés étrangères et juives expliquent en partie son déclin dans les années 1950. "Malheureusement, étant donné les évènements à ce moment-là, les pieds-noirs sont partis, et donc nous aussi", se souvient Jacques Chiche qui a quitté la Tunisie en 1955 pour rejoindre Paris. Chaque année, il retourne sur les terres de son enfance pour revoir des amis. Il regrette cet ancien milieu cosmopolite de la boxe. "C’est très triste, ce ne sera plus jamais la même chose", ajoute-t-il.

Après 1956, les tensions augmentèrent entre juifs et musulmans et celles-ci culminèrent avec la guerre des Six-Jours en 1967 qui opposa Israël à une coalition d’Etats arabes. Si la Tunisie était la patrie d’une vaste communauté juive avant la création d’Israël en 1948, il n’y a plus aujourd'hui que 1 500 à 2 000 juifs qui vivent encore dans le pays.

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