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 Crise financière mondiale

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Ghoul
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MessageSujet: Quand l'Amérique tousse, le monde s'enrhume   17/8/2007, 13:34

Ceux d'entre vous qui malgré la saison estivale continuent à suivre les infos ont probablement entendu parler de la panique qui a saisi les places boursières suite à une crise immbilière aux Etats Unis. Il s'agit d'un cas typique des risques auxquels fait face aujourd'hui l'économie mondiale devenue mondialisée et fortement intercorrolée. Pour les plus téméraires un article détaillé sur l'enchainement de la crise. Une crise qui ne sera ni la dernière ni la moins grave.

Citation :

Pourquoi le crédit « subprime » fait-il paniquer les marchés ?
J. Vilaine- D.Pellecuer.
Publié le 14 août 2007

La crise du « subprime ». Impossible de passer à côté. Depuis quelques semaines, il est, désigné comme responsable de la chute des marchés boursiers (-12% sur le Cac 40). Derrière cet anglicisme, se trouve une notion complexe, qui fait intervenir de nombreux acteurs économiques et qui a conduit les différentes banques centrales à une action concertée pour juguler la crise. Le secrétaire américain du Trésor et Georges Bush en personne ont dû intervenir publiquement pour rassurer les investisseurs. Car, à cause du « subprime », c’est tout le système du crédit qui a été mis à l’épreuve. Les banques elles-mêmes ont perdu confiance, refusant de se prêter de l’argent et provoquant ainsi une flambée du taux interbancaire. Contrastant avec leur discours apaisant, les banques ont fini par admettre qu’elles avaient sous-estimé leur exposition au « subprime », provoquant ainsi une panique généralisée.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment les banques gardiennes de la gestion « en bon père de famille », de la mutualisation du risque, ont-elles pu se hasarder dans des placements aussi risqués que les « crédits subprime », ces prêts accordés aux ménages les plus démunis, dont la solvabilité n’est pas garantie ? Pour bien comprendre la crise actuelle, il faut remonter à l’origine.

Initialement, le crédit « subprime » n'était pas exclusivement destiné aux ménages modestes. En 2004, les émetteurs de crédits « subprime » se livrent une guerre des prix, ce qui les amène à baisser leurs taux. Voyant l'opportunité d'obtenir un crédit à bas coût, les emprunteurs ayant une bonne solvabilité tombent également dans les mailles du filet. A la même période, la banque centrale baisse ses taux afin de relancer la machine économique, ce qui a pour effet de diminuer nettement l'avantage de baisse des taux effectué par les préteurs à risque. Pour conserver leurs parts de marché, ils sont alors poussés à assouplir leurs conditions d'accès aux crédits et à augmenter le taux perçu afin de couvrir le risque.

Aujourd'hui, le crédit « subprime » s'adresse essentiellement aux personnes ayant une notation de crédit inférieur à 620 (notation FICO pour les Etats-Unis) alors que la moyenne se situe autour de 650 points. Ce type de crédit est utilisé pour financer les achats immobiliers (35%) mais il sert également au refinancement (45%). Les crédits « subprime » permettent certains avantages comme celui de différer le remboursement. Dans ce cas, l'emprunteur remboursera simplement le montant des intérêts pendant une période fixée au préalable.

Le crédit « subprime » que l'on connait aujourd'hui est donc très risqué mais bénéficie d'un taux de rendement pour l'émetteur bien supérieur (le taux pouvant être supérieur de 50% à la moyenne), ce qui explique l’attrait des institutions financières pour ce type d’opérations. Alors que ces prêts ne représentaient que 8.5% de l'encours de crédits hypothécaires au début des années 2000, la proportion s'élevait en, 2006, à plus de 13%.

La situation s’est dégradée avec la crise de l’immobilier

Avec la baisse des prix de l’immobilier aux Etats-Unis, les souscripteurs de ce type de crédit ne pouvaient plus compter sur l'augmentation du prix de leur patrimoine immobilier pour financer le remboursement de leur crédit. A cela, s’est ajouté le durcissement de la politique monétaire de la FED, qui après des plus bas depuis 25 ans, a augmenté graduellement ses taux directeurs. Les crédits subprimes étant variables et indexés sur les taux directeurs, la hausse des taux (parfois supérieur de 50% aux crédits standards) rendait encore plus difficile le remboursement de leurs dettes. Les taux de défaut sont ainsi passés de 5% en 2005, à 10% en 2006. Dès lors, les stocks de logements ont gonflé, aggravant d’autant la crise immobilière. Confrontées à la multiplication des défauts de paiement de leurs débiteurs, des institutions très exposées aux crédits « subprime » comme American Home Mortage ont mis la clé sous la porte.

Pourquoi les banques et les bourses ont été éclaboussées

Les banques que l’on croyait épargnées par la crise du « subprime » ont, dans un premier temps, sous-estimé leur exposition. En effet, la dette des « subprime » était titrisée sur les marchés, par le biais de CDO (Colateral Debt Obigation). Or les institutionnels ont indirectement investi dans le « subprime » à travers les crédits titrisés sur les marchés, par le biais de CDO (Colateral Debt Obligation). Mais elles comptabilisaient leurs opérations de CDO, en opérations de portefeuille.

La proportion des crédits hypothécaire titrisés est très importante. Sur les 10 000 milliards de dollars d'encours de crédit hypothécaire fin 2006, 56% sont titrisés. Ces cinq dernières années, l'encours titrisé des prêts risqués a été multiplié par 4. Certains fonds, comme ceux de la banque d'investissement Bear Stearns, ont investi dans ces crédits fortement rémunérateurs.

Réactions en chaine

Avec la crise de l’immobilier, s'opère ainsi un durcissement général des conditions de crédits. Commence alors la crise du « subprime ». La banque Bear Stearns est contrainte de geler trois de ses fonds. En Allemagne, IKB annonce également le gel de ses fonds exposés au « subprime ». Tous commencent à retirer leurs liquidités sur tout ce qui est lié au marché du crédit. Plusieurs banques, malgré une exposition faible au marché du « subprime », doivent geler leur fonds face au retrait massif de liquidités. Frankfurt-Trust ou BNP Paribas en font les frais. Vendredi 10 août à 10h, tout s’accélère. Les banques suspendent net leurs opérations de refinancement, refusant plus particulièrement de prêter aux autres établissements financiers par crainte d'une propagation de la crise.

Conséquence directe: le taux interbancaire - le taux auquel les banques se prêtent de l'argent au jour le jour - s'envole, passant en quelques minutes de 4,10 % à plus de 4,70 %. Un mouvement d'une ampleur exceptionnelle qui a propulsé le loyer de l'argent à son plus haut niveau depuis six ans en quelques minutes. Pour juguler cette crise, les banques centrales ont tour à tour annoncé une mise à disposition exceptionnelle de liquidités auprès des banques qui ne pouvaient plus se refinancer et donc ne pouvaient plus assurer de nouveaux crédits.

Derrière la crise du « subprime », c’est tout le système du crédit qui est en difficulté. Les nombreuses opérations de fusion-acquisitions qui ont alimenté la hausse des marchés boursiers ces derniers mois ont été financées par LBO (Leverage By Out), un mécanisme qui fait appel à l’emprunt bancaire. Or les conditions de crédit se durcissent compromettant certaines opérations. Le 3 août, lorsque le groupe Allemand DaimlerChrysler éprouvait des difficultés à revendre sa filiale américaine Chrysler au fonds Cerberus, lorsque ce dernier devait financer le projet de rachat avec l'aide d'un groupement de 12 banques. Au dernier moment, elles se sont retirées dans le contexte de la crise que l'on connait actuellement. Faillite des sociétés de « subprime », manque de transparence des banques, assèchement des liquidités, il n’en fallait pas plus pour justifier une intervention musclée et concertée des banques centrales ainsi que la montée au créneau du Président américain et du secrétaire du Trésor pour rassurer les marchés. Reste à savoir si cela suffira à restaurer la confiance des investisseurs et des ménages, l’un des piliers de la croissance au pays de l’Oncle Sam.

http://www.lefigaro.fr/guidebourse/20070814.WWW000000268_pourquoi_le_credit_subprime_fait_il_paniquer_les_marches_.html
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Ghoul
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   17/8/2007, 13:39

un autre article qui explique le phénomène

http://www.humanite.fr/2007-08-13_International_Debacle-financiere-la-contagion
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   17/8/2007, 13:47

ne vous inquiétez pas, la plupart des banques se couvrent et les banques centrales ont joué leur rôle.
enocre 1 semaine et tous les gérants/traders/sales/... auront fini leux vacances et la bourse va reprendre de plus belle...
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   17/8/2007, 16:57

je dirais mm et avec toute la mauvaise foi du monde que ce n'est qu'une purge..diet...cure....régime .... prévu depuis le pseudo-crash de Shanghai....
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   17/8/2007, 21:12

aujourd'hui , aprés l'annonce d'emprunt de la banque fédérale US "no limits" aux banques commerciales , toute la place boursiere a fini dans le vert ..a part les places asiatiques qui ont férmé avant l'annonce et ont donc fini dans le rouge ...
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   23/8/2007, 21:54

bien que les manipulations des marchés est un phénomène courant, je ne pense pas que l'affaires des credits subprime en est un.

je pense plutot que c'est le résultat d'une prise du risque de certaines sociétés et personnes (inconscientes) ou peu scrupuleuses afin de maximiser leurs profits.

je pense que c'est une explosion de la bulle internet de l'an 2000 (bis).

le problème de la bulle internet etait la valorisation des sociétés du secteur des tic trop optimiste, alors que cette fois, c'est une estimation trop optimiste de la capacité des ménages à revenu limité aux USA de rembourser des montants importants de crédits.

bref, devinez qui paie les pots cassés après:

Déjà 21 000 licenciements aux Etats-Unis depuis août
LE MONDE | 22.08.07 | 16h34 • Mis à jour le 22.08.07 | 16h34
La crise des crédits immobiliers à risque américain (subprime
mortgage) provoque une vague de licenciements dans le secteur de la finance, en particulier dans les établissements de crédit aux Etats-Unis. Selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas, 21 000 suppressions d'emplois ont été programmées dans le secteur depuis le début du mois d'août. Et depuis vendredi, 11 040 licenciements ont été annoncés. Le cabinet cite les 2 400 licenciements prévus chez la
banque SunTrust, et les 8 640 suppressions de postes dans les sociétés de crédit, First Magnus Financial (qui a demandé mardi à se placer sous la protection de la loi sur les faillites), Countrywide, et Capital One. Selon le site spécialisé mortgagedaily.com, la crise des subprimes aurait provoqué 84 faillites ou fermetures de sociétés de crédit.

"Nous avons ici une photo de la situation qui montre que les
réductions d'effectifs explosent au fur et à mesure que la crise s'aggrave", indique John Challenger, directeur général de l'institut, interrogé par Bloomberg. Au total, le nombre de
licenciements annoncés depuis le début de 2007 dans le secteur financier est de 87 962, soit plus du double qu'à la même période un an plus tôt.
"Ce serait la première fois depuis trois ans que le secteur
financier réduit ses effectifs", indique M. Challenger. "La
contagion au reste du secteur est déjà là, mais nous ignorions quelle sera son ampleur", ajoute-il. Selon le cabinet, 41 % des licenciements aux Etats-Unis depuis le début de l'année sont liés au marché du crédit hypothécaire.
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Saber
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   25/8/2007, 16:26

Yissallem 9raytek woulidi
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Phidias
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MessageSujet: Crise financière mondiale   15/9/2008, 12:18

Citation :
La faillite de Lehman Brothers ébranle le système financier mondialLEMONDE.FR | 15.09.08 | 10h45 • Mis à jour le 15.09.08 | 10h45

Par un communiqué de 24 lignes daté du lundi 15 septembre, Lehman Brothers, l'un des fleurons de Wall Street, a annoncé "son intention de se déclarer en faillite", dans la journée, "afin de protéger ses actifs et de maximiser sa valeur".



La chute de la prestigieuse institution financière née en 1850, comptant 27 000 salariés, et dont l'histoire épouse celle du capitalisme américain, a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans la finance mondiale. Le choc est d'autant plus rude qu'au même moment outre-Atlantique, la banque d'affaires Merrill Lynch, autre établissement financier de renom, était rachetée par Bank of America, pour 50 milliards de dollars (35 milliards d'euros). De son côté, le géant de l'assurance AIG, ex-numéro un mondial, devait annoncer, lundi, la vente en urgence de 20 milliards d'actifs.

"Il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle. Il n'y a aucun doute, je n'ai jamais rien vu de pareil (…)", a commenté Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), face à l'aggravation de la crise financière née aux Etats-Unis à l'été 2007. La faillite de Lehman Brothers constitue la banqueroute la plus importante de toute l'histoire financière des Etats-Unis.
Cette perspective a d'ailleurs alimenté la psychose à New York, tout le week-end. Samedi et dimanche, tout ce que les Etats-Unis comptent de patrons de grandes banques d'affaires et de dépôts ainsi que de fonds d'investissement, dont certains ne cherchaient plus à masquer leur effroi, a défilé dans les locaux de la Fed (Réserve fédérale, banque centrale américaine). Ils ont été reçus par Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor, et par les plus hauts responsables de son ministère. Le motif de ces réunions en cascade entre l'Etat et les grands financiers, et entre les banquiers eux-mêmes, dépassait de très loin le seul sauvetage de Lehman.
Bank of America (BofA) avait renoncé la première à racheter la cinquième banque d'affaires du pays. Dimanche après-midi, le patron de l'autre candidat à la reprise, le britannique Barclays, considéré comme le plus crédible des repreneurs, se retirait également. Il avait, comme BofA avant lui, cherché à obtenir une aide financière de l'Etat fédéral, comparable à celle accordée à JPMorgan Chase, il y a sixmois, pour le rachat de Bear Stearns, une autre banque d'affaires en difficultés. Jusqu'au bout, M. Paulson s'y est refusé.

"DES GAGNANTS ET DES PERDANTS"
Une fois l'option Lehman abandonnée, BofA, deuxième banque de dépôt américaine, a jeté son dévolu sur MerrillLynch, à court de liquidités après avoir perdu 57 milliards de dollars depuis l'été 2007. Son offre de rachat devrait être rendue publique dès lundi.
Quant à l'assureur AIG, qui est parvenu à lever plus de 20 milliards de dollars en huit mois, mais qui doit trouver très rapidement 30milliards supplémentaires pour rester à flot (son action avait plongé vendredi de 31 %), il a annoncé se séparer de plusieurs activités, en particulier son financement d'ILFC (International Lease Finance Corporation), numéro un mondial du leasing aéronautique avec 900 appareils et, accessoirement, premier client de Boeing et Airbus.

La liquidation de Lehman posera d'innombrables problèmes, sans doute au plan mondial. La banque disposait, fin mai, de 640 milliards de dollars d'actifs, mais personne ne sait quel volume de titres "pourris" elle détient, ni quelle est son exposition aux contrats dit CDS (Credit Default Swaps). Dès les rumeurs sur l'échec de sa reprise, les traders se sont précipités à leurs bureaux, à Wall Street, pour trouver des montages permettant de renégocier ces titres.

L'ISDA (International Swaps and Derivatives Association), qui regroupe les grands acteurs mondiaux opérant sur les produits "dérivés", a lancé un appel en urgence à l'Etat américain pour autoriser la négociation de gré à gré, par exemple, entre un trader qui aurait acquis des swaps chez Lehman et une autre banque qui lui aurait vendu des titres identiques.

A ce titre, la chute de Lehman porte en germe le risque d'un effondrement général de la valeur des dérivés. Elle pourrait aussi avoir pour effet d'accélérer la crise de l'immobilier aux Etats-Unis, les avoirs de la banque, très importants dans ce domaine, étant revendus au rabais pour financer le remboursement des créanciers. Toutes les valeurs immobilières détenues par Wall Street pourraient en subir la conséquence, qui se répercuterait sur leurs bilans.
A quoi faut-il donc s'attendre ? "Le cours normal de la finance, c'est qu'il y a des gagnants et des perdants", a expliqué M.Greenspan, dimanche sur la chaîne ABC. Les pouvoirs publics, a-t-il ajouté, ne "peuvent pas placer un filet de sécurité sous toutes les sociétés financières qui s'effondrent". Il a laissé entendre qu'il y en aurait d'autres. Il a surtout jugé qu'étant donné "le degré jamais connu d'interconnexion à l'échelle internationale", la stabilisation des marchés exigera de passer par "une série d'événements dans le monde entier".

Dimanche soir, un consortium de dix banques américaines et étrangères a annoncé la création d'un fonds d'urgence de 70 milliards de dollars, dans lequel elles pourront puiser en cas de problèmes de liquidités. De son côté, la Fed autorisera temporairement les banques à emprunter en apportant des junk bonds (titres pourris) en garantie, et plus uniquement ceux notés AAA, ce qui, là encore, n'est pas sans soulever des questions.
Sylvain Cypel


... c'est la crise. A un niveau rarement atteint. Les banques les plus solides s'affolent.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 12:35

Les Bourses mondiales s'affolent ...
Citation :
LE MONDE | 15.09.08 | 10h47

L'annonce, lundi 15 septembre, de la mise en faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, énième victime de la crise des subprimes, et le rachat de Merrill Lynch par Bank of America pour 50 milliards de dollars (35 milliards d'euros), ont provoqué l'affolement des marchés boursiers. En Asie, les places de Tokyo, Hongkong et Shanghaï, fermées pour cause de jour férié, ont été épargnées par le vent de panique mais Taïwan a plongé de 4,09 %. En Europe, Paris, Londres et Francfort ont ouvert sur des baisses échelonnées entre 2,5 % et 3,5 %.

A l'ouverture, les actions du secteur bancaire ont été "massacrées". Barclays plongeait de 8,20 % à Londres. En Suisse, UBS lâchait 7,48 % tandis qu'à Paris la Société générale reculait de 7,63 %.

Pour éviter la débandade et apaiser les tensions sur les marchés monétaires, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un appel d'offres rapide, la Banque d'Angleterre indiquant de son côté surveiller "attentivement" le marché du crédit et être prête à prendre "si nécessaire" les mesures appropriées. En Allemagne, le ministère des finances et le régulateur, la Bafin, ont déclaré qu'ils suivaient de près les "développements sur les marchés financiers nationaux et internationaux". Les investisseurs doutaient toutefois que cette mobilisation exceptionnelle suffise à ramener le calme.

"On touche le fond", commentait lundi matin un trader à Londres. Avec ces deux annonces, le marché a pris conscience de la brutalité de la crise à même de laminer n'importe quel établissement financier. Mais les investisseurs ont aussi, et surtout, noté la limite du soutien des autorités américaines.

En mars, la Réserve fédérale américaine (Fed), avait orchestré le rachat de Bear Stearns pour lui éviter le même sort que Lehman et il y a une semaine le Trésor a annoncé la quasi-nationalisation les deux géants du refinancement hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae. Aujourd'hui ni la Fed ni le Trésor ne semblent plus disposés à soutenir le système financier.

"En laissant une grosse banque faire faillite la Fed a sifflé la fin de partie signifiant qu'elle n'était pas là pour sauver tout le monde", estime ainsi Jean-Louis Mourier analyste chez Aurel. Pour d'autres, il s'agit même de faire de Lehman un exemple pour mettre les banques face à leurs responsabilités et préparer les investisseurs au pire. "C'est aux actionnaires de payer maintenant. La Fed semble signifier que la socialisation des pertes est inacceptable", indique Vincent Treulet, chez Natixis.

Sur les marchés certains n'hésitent plus à faire le parallèle avec la crise de 1929, évoquant une refonte profonde et douloureuse de tout le système financier occidental. "C'est la tectonique des plaques. Un nouvel ordre financier mondial va émerger", juge Peter Kenny, à la tête du fonds d'investissement Knight capital, interrogé par Bloomberg.
Claire Gatinois


... et les Banques se mettent au mutualisme corporatiste solidaire.
Citation :
Dix grandes banques créent un fonds d'urgence anti-faillite

LEMONDE.FR avec AFP | 15.09.08 | 05h29 • Mis à jour le 15.09.08 | 11h07

Dix banques internationales – américaines et européennes – ont annoncé, dimanche soir 14 septembre, la mise en place d'un fonds de 70 milliards de dollars, soit 48,62 milliards d'euros, dans lequel elles pourront puiser si elles devaient risquer de se retrouver à court de liquidités. Chacune des banques participantes amènera 7 milliards de dollars et chacune pourra obtenir jusqu'au tiers du montant du fonds en cas de difficultés de refinancement, ont-elles annoncé dans un communiqué commun.

Les participants à ce fonds "anti-faillite" sont les banques américaines Bank of America, Citibank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Merrill Lynch, Morgan Stanley, la britannique Barclays, l'allemande Deutsche Bank et les suisses Crédit suisse et UBS.



La taille de ce fonds devrait être amené à croître dans la mesure où d'autres banques sont invitées à le rejoindre.

FACILITÉS DE REFINANCEMENT DE LA FED

Les dix établissements s'engagent par ailleurs à augmenter au maximum la liquidité des marchés et à faciliter un dénouement des positions de la banque d'affaires Lehman Brothers sur le marché non régulé des dérivés de crédit.

Elles affirment également qu'elles vont avoir recours dès cette semaine aux facilités de refinancement de la Réserve fédérale, jusqu'ici assez peu utilisées car y recourir était perçu comme un signe de faiblesse par le marché.
Les banques se sont félicitées que la Fed accepte désormais en garantie toute une gamme de titres, y compris des actions.

A court terme ça pas l'air très bon tout ça. Mais la toute-puissance de la finance prend conscience de certaines limites et se trouve dans l'obligation de s'assainir.

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Dernière édition par Phidias le 15/9/2008, 12:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 12:49

ça ne risque pas d'arriver à Cuba.
Sinon la crise du crédit en Tunisie, ça risque d'être encore plus énorme !!!
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 12:52

La fed aurait du empreinter aux gens qui on perdu leurs domiciles. "les titres pourris" et le manque de transparence devraient pénaliser les acteurs financiers.
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 13:00

OverDrive a écrit:
La fed aurait du empreinter aux gens qui on perdu leurs domiciles. "les titres pourris" et le manque de transparence devraient pénaliser les acteurs financiers.
ON NE PRETE QU'AUX RICHES
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 14:03

De manière générale, vous trouvez pas que ces dernières années nous voyons des banqueroutes et crises à grande échelle. Dans des divers secteurs. Même un pays comme l'Argentine a illustré la rubrique.
C'est quoi le problème ? Trop d'incompétents aux sommets des administrations et directions ? Des mécanismes trop complexes à modéliser, donc à appréhender ? Du laxisme dans le respect des lois et du bon sens ?

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 14:18

Tout simplement l'économie ne rémunère pas les vertueux. Quand ça va mal, l'État agit en pompier pour sauver le système de financement de l'économie.

La responsabilité est diluée. La loi ne suit plus la sophistication des mécanismes financier. Les gros sous font de tout pour que l'Etat se désengage, "se mêle de ses affaires" à force de lobbying.
L'Etat n'est là que pour dépenser l'argent du contribuable pour qu'elle revienne d'une façon ou d'une autre aux gros sous. En deux mots "les coûts sont collectifs et les gains privés"
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 16:20

c'est le syndrome de la patate chaude, chacun la refile à l'autre.....et puis un jour la bulle explose !
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 16:28

Phidias a écrit:
De manière générale, vous trouvez pas que ces dernières années nous voyons des banqueroutes et crises à grande échelle. Dans des divers secteurs. Même un pays comme l'Argentine a illustré la rubrique.
C'est quoi le problème ? Trop d'incompétents aux sommets des administrations et directions ? Des mécanismes trop complexes à modéliser, donc à appréhender ? Du laxisme dans le respect des lois et du bon sens ?


La métaphore qui me vient à l'esprit est le titre du film "a series of unfortunate events", un enchainement de décisions et de politique pleine de bon sens en elle même mais qui mises bout à bout ont provoqué ce marasme.

Depuis l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000 et puis le 11 sept., la politique économique des US a été basée sur des taux d'intérêts faibles (voire très faibles), du crédit facile et des déficits publics de plus en plus importants.

A court terme ça a été très efficace pour booster l'économie américaine. Et pendant toute la première moitié de cette décennies l'Amérique s'est beaucoup enrichi et a enrichi ses fournisseurs comme les chinois.


Un des effets secondaires a été un crédit immobilier facile (puisque l'argent est là), tout le monde voulait devenir propriétaire de la maison de ses rêves ==> la demande sur les logements a augmenté et entrainé une hausse continue du prix de l'immobilier.

On a continué comme ça jusqu'au jour où l'offre a dépassé la demande, les prix de l'immobilier ont alors commencé à baisser.

Les banques ont donné des crédit immobilier à des gens qui ne pouvaient pas se le permettre en spéculant sur la hausse des prix. C'est à dire qu'au pire si le client ne pouvait plus payer les traites, la banque revendait la maison avec un bénéfice puisque le prix de la maison aurait augmenté depuis. Mais quand le marché de l'immobilier a commencé à être en crise, les maisons saisies ne se vendaient plus, ou en tout cas pas au prix escompté par la banque, et celle ci perdait alors de l'argent.

Et quand on dit pertes, ce n'est plus 10 ou 15% mais parfois de 50% ou plus.

Ce qui est marrant, c'est que contrairement à ce qu'on pourrait penser, le plus souvent les gens ne se retrouvent pas à la rue voire même ils peuvent rester dans la même maison. Ils arrêtent simplement de payer les traites et ne sont plus donc propriétaires, ils déménagent pour louer une maison moins luxueuse, ou alors ils s'entendent avec leur banquier pour louer cette même maison au prix du marché, mais comme le marché a baissé, ils sont plutot gagnants.

Le banquier n'a parfois pas trop le choix vu que la maison n'est pas facilement vendable.

C'est la banque qui se paie les pots cassés, d'où ces pertes astronomiques.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 20:25

OverDrive a écrit:
Tout simplement l'économie ne rémunère pas les vertueux. Quand ça va mal, l'État agit en pompier pour sauver le système de financement de l'économie.

La responsabilité est diluée. La loi ne suit plus la sophistication des mécanismes financier. Les gros sous font de tout pour que l'Etat se désengage, "se mêle de ses affaires" à force de lobbying.
L'Etat n'est là que pour dépenser l'argent du contribuable pour qu'elle revienne d'une façon ou d'une autre aux gros sous. En deux mots "les coûts sont publics et les gains privés"

Je suis hélas convaincue. En France nous avons eu les exemple de Renault et du Crédit Lyonnais notamment.

Du point de vue idéologique, ce qui se passe est très intriguant. C'est le monde dit capitaliste, libéral, voir ultra-libéral, qui souffre des effets d'un interventionnisme étatique (genre keynesianisme) et de régulations centrales.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   15/9/2008, 22:15

Phidias a écrit:

Du point de vue idéologique, ce qui se passe est très intriguant. C'est le monde dit capitaliste, libéral, voir ultra-libéral, qui souffre des effets d'un interventionnisme étatique (genre keynesianisme) et de régulations centrales.
La transparence n'arrange pas tout le monde car pour dégager des intérêts astronomiques il faut jouer sur les règles et non plus seulement sur son potentiel concurrentiel dans un marché ouvert.
La logique devient de pousser le bouchon sans se faire attraper. Comme les grandes boites (google ou microsoft) qui essayent de profiter des positions dominantes en s'arrêtant juste à point pour ne pas tomber sous coups des lois anti-trust. On essaye de "jouer" au mieux pour cela il vaut mieux une autorité de régulation assoupie. L'argument des industriels est qu'ils sont pourvoyeurs d'emploi, financent l'économie etc. Ce qu'il faut pour soutirer le maximum d'exonérations et de subventions. Il font de manière à profiter des crises et des mannes.

>Ghoul
Très bonne analyse.
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   16/9/2008, 09:44

Ghoul a écrit:
Phidias a écrit:
De manière générale, vous trouvez pas que ces dernières années nous voyons des banqueroutes et crises à grande échelle. Dans des divers secteurs. Même un pays comme l'Argentine a illustré la rubrique.
C'est quoi le problème ? Trop d'incompétents aux sommets des administrations et directions ? Des mécanismes trop complexes à modéliser, donc à appréhender ? Du laxisme dans le respect des lois et du bon sens ?

La métaphore qui me vient à l'esprit est le titre du film "a series of unfortunate events", un enchainement de décisions et de politique pleine de bon sens en elle même mais qui mises bout à bout ont provoqué ce marasme.

Depuis l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000 et puis le 11 sept., la politique économique des US a été basée sur des taux d'intérêts faibles (voire très faibles), du crédit facile et des déficits publics de plus en plus importants.

A court terme ça a été très efficace pour booster l'économie américaine. Et pendant toute la première moitié de cette décennies l'Amérique s'est beaucoup enrichi et a enrichi ses fournisseurs comme les chinois.

Un des effets secondaires a été un crédit immobilier facile (puisque l'argent est là), tout le monde voulait devenir propriétaire de la maison de ses rêves ==> la demande sur les logements a augmenté et entrainé une hausse continue du prix de l'immobilier.

On a continué comme ça jusqu'au jour où l'offre a dépassé la demande, les prix de l'immobilier ont alors commencé à baisser.

Les banques ont donné des crédit immobilier à des gens qui ne pouvaient pas se le permettre en spéculant sur la hausse des prix. C'est à dire qu'au pire si le client ne pouvait plus payer les traites, la banque revendait la maison avec un bénéfice puisque le prix de la maison aurait augmenté depuis. Mais quand le marché de l'immobilier a commencé à être en crise, les maisons saisies ne se vendaient plus, ou en tout cas pas au prix escompté par la banque, et celle ci perdait alors de l'argent.

Et quand on dit pertes, ce n'est plus 10 ou 15% mais parfois de 50% ou plus.
Analyse très intéressante Ghoul Smile .
Il y a eu une succession de décisions risquées car dépendantes d'un système où tout allait bien, où l'argent coulait à flot et était sans cesse "assuré" par les Etats, où les Banques sortaient trop souvent de leur coeur de métier, et où les consommateurs sortaient trop souvent de leur niveau de vie (clin d'oeil aux inquiétude d'El Manchou Wink ).
Dans le cas particulier de Lehman Brothers, son directeur raconte quand même depuis 9 mois que la situation est sous contrôle, alors que beaucoup d'alarmes étaient déjà tirées. Résultat : faillite.
Citation :

La banque, qui a demandé à être protégée contre ses créanciers par le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, a annoncé des dettes s'élevant à 613 milliards de dollars au 31 mai, et le total des actifs se montant quant à lui à 639 milliards de dollars. La dette exigible par les trente premiers créanciers de la banque d'affaires atteignait 158 milliards de dollars au 2 juillet, l'essentiel de ce montant étant constitué d'obligations bancaires (155 milliards de dollars), puis de prêts bancaires, dont le plus élevé s'élève à 463 millions de dollars, par la banque japonaise Aozora.
Un peu comme pour la Societé Générale avec l'affaire Kerviel, il y a des fautes graves dans les directions qui, comme l'indique Over, sont plus qu'à la limite pour prendre un max de money en dépit des précautions de base. De cette crise, il peut y avoir du positif, un assainissement des pratiques. Au prix de quelques faillites.
Citation :

D'autres espéraient que la liquidation de Lehman Brothers accélère la réforme qui semble s'amorcer vers une reconcentration du secteur financier. Après le rachat de Bear Stearns par JP Morgan en mars, Bank of America a officialisé, lundi, le rachat d'un autre grand nom de Wall Street, Merrill Lynch, pour 50 milliards de dollars. Selon le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, "un long processus" semble engagé de "consolidation des secteurs financiers". "A posteriori, une fois l'orage passé, cette recomposition [du secteur financier] pourrait être perçue comme un début de guérison et marquer la fin de l'aléa moral qui pesait sur le secteur", estimaient les analystes de CM-CIC Securities, l'aléa moral décrivant la notion qu'ont les opérateurs financiers que les pouvoirs publics interviendront toujours au dernier moment pour éviter une crise généralisée, ce qui les incite à prendre des risques.
Dans le cas de Lehman Brothers, les autorités fédérales américaines ont refusé d'apporter de l'argent frais, après avoir déboursé 29 milliards de dollars pour assurer le rachat en urgence de Bear Stearns et s'être engagées jusqu'à 200 milliards la semaine passée pour maintenir sur pied les organismes hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac.

J'aimais bien Alan Greenspan jusque là, mais depuis sa retraite il semble facilement hurler avec les loups :
Citation :
Alors que l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, analysait dès dimanche la crise actuelle comme "un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle",
. Et d'autres avec lui font le rapide raccourci avec la Grande Dépression des années 1930. C'est de l'émotivité médiatique car nous savons bien que le contexte est différent et que des leviers d'ajustement existent pour ne pas entraîner des cascades de faillite. Le secteur financier est souvent fou mais ses ressources pour rebondir surprennent toujours. Et l'argent ne s'est pas envolé pour tout le monde ...

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   16/9/2008, 10:09

OverDrive a écrit:
Phidias a écrit:

Du point de vue idéologique, ce qui se passe est très intriguant. C'est le monde dit capitaliste, libéral, voir ultra-libéral, qui souffre des effets d'un interventionnisme étatique (genre keynesianisme) et de régulations centrales.
La transparence n'arrange pas tout le monde car pour dégager des intérêts astronomiques il faut jouer sur les règles et non plus seulement sur son potentiel concurrentiel dans un marché ouvert.
La logique devient de pousser le bouchon sans se faire attraper. Comme les grandes boites (google ou microsoft) qui essayent de profiter des positions dominantes en s'arrêtant juste à point pour ne pas tomber sous coups des lois anti-trust. On essaye de "jouer" au mieux pour cela il vaut mieux une autorité de régulation assoupie. L'argument des industriels est qu'ils sont pourvoyeurs d'emploi, financent l'économie etc. Ce qu'il faut pour soutirer le maximum d'exonérations et de subventions. Il font de manière à profiter des crises et des mannes.

Twisted Evil

Comme tu l'as déjà dit, redisons-le encore une fois : le secteur financier se gave sur le dos des contribuables, et avec la complicité des politiques.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   16/9/2008, 10:26

Phidias a écrit:
Et l'argent ne s'est pas envolé pour tout le monde ...

Effectivement c'est ce qu'il faut se dire. Ceux qui ont beaucoup déconné doivent payer maintenant, et les autorités le savent.

Si on protège ceux qui prennent des risques aussi gros, on déforme les lois économique.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   16/9/2008, 10:41

Ghoul a écrit:
Phidias a écrit:
Et l'argent ne s'est pas envolé pour tout le monde ...

Effectivement c'est ce qu'il faut se dire. Ceux qui ont beaucoup déconné doivent payer maintenant, et les autorités le savent.

Si on protège ceux qui prennent des risques aussi gros, on déforme les lois économique.
ce sont les promoteurs immobiliers et autres spéculateurs qui s'en sont mis plein les fouilles !
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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   16/9/2008, 12:39

El_Manchou a écrit:
Ghoul a écrit:
Phidias a écrit:
Et l'argent ne s'est pas envolé pour tout le monde ...

Effectivement c'est ce qu'il faut se dire. Ceux qui ont beaucoup déconné doivent payer maintenant, et les autorités le savent.

Si on protège ceux qui prennent des risques aussi gros, on déforme les lois économique.
ce sont les promoteurs immobiliers et autres spéculateurs qui s'en sont mis plein les fouilles !
Et les banques aussi ... Car beaucoup se sont aventurées hors de leur coeur de métier pour jouer les traders.

Comme dit Ghoul, il est temps de payer la note pour ceux qui ont merdé.
En France BNP Paribas, la Société Générale, et 3 autres banques, sont les plus concernées par cette dérive et des risques, mais sans craindre la faillite pour autant.

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   17/9/2008, 09:24

Le grand capitalisme américain ... nationalise son n°1 de l'Assurance pour le sauver à quelques heures de sa faillite et empêcher une crise de toute autre ampleur (qui aurait impliqué des milliers de particuliers en plus des entreprises). Pas si sauvage que ça finallement le capitalisme.

La Fed sauve l'assureur américain AIG de la faillite
Spoiler:
 


Et par ailleurs, la crise peut aussi faire des heureux ... Barclays rachète une partie de Lehman
Citation :

La banque britannique Barclays a annoncé, mercredi, un accord avec Lehman Brothers qui va lui permettre de devenir, pour 1,75 milliard de dollars (1,23 milliard d'euros), le numéro trois de la banque d'investissement aux Etats-Unis. Barclays, qui a renoncé ce week-end à racheter l'ensemble des activités viables de Lehman, va pouvoir adjoindre à sa filiale d'investissement Barclays Capital (BarCap) les activités américaines de la banque d'affaires américaine en faillite et racheter son siège new-yorkais.
Elle va ainsi payer 250 millions de dollars (176 millions d'euros) en numéraire pour récupérer des actifs commerciaux de Lehman Brothers de 72 milliards de dollars (51 millions d'euros), assortis de passifs de 68 milliards de dollars (48 millions d'euros), et elle va aussi racheter le siège de la 7e avenue et deux centres de traitement de données dans le New Jersey pour 1,5 milliard de dollars, une somme "proche de leur valeur de marché", selon Barclays. Elle récupère aussi dans la transaction la moitié des 20 000 employés de Lehman Brothers dans le monde, des équipes à la qualité très réputée sur les marchés.

Les activités rachetées concernent l'ensemble des marchés financiers, marchés d'actions, de matières premières, marchés monétaires, ainsi que le conseil en fusions-acquisitions. Robert Diamond, président de Barclays, a qualifié ce rachat "d'opportunité qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie" pour Barclays. - (avec AFP)

... tu m'étonnes Robert ! MDR

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MessageSujet: Re: Crise financière mondiale   18/9/2008, 15:55

Plusieurs banques centrales ont annoncé une nouvelle stratégie d'action concertée destinée à améliorer la liquidité sur les marchés mondiaux face à la crise financière. La Fed s'est engagée avec un apport de 180 milliards de dollars (!!!). [...pas si vides que ça les caisses]

Citation :


Jeudi 18 septembre 2008

Par Reuters (texte) / Récit de Marianne Kerfriden (vidéo)



Les banques centrales des grands pays industrialisés ont annoncé jeudi un nouveau plan d'actions coordonnées destiné à améliorer la liquidité sur les marchés mondiaux du crédit en y injectant des montants massifs en dollars.

Cette initiative regroupe la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque nationale suisse et la banque centrale canadienne.

La Fed a autorisé une extension de 180 milliards de dollars (126 milliards d'euros) de ses lignes de swaps avec les autres banques centrales.

Le taux interbancaire au jour le jour en dollar est retombé à 2,0%, soit l'objectif des Fed funds, dans la foulée de l'annonce de cette nouvelle action concertée, contre un niveau de 4,5% juste avant et un fixing à 5,03125% mercredi à Londres.

Au plus fort du mouvement de panique déclenché cette semaine par la crise financière américaine, les taux interbancaires à un jour ont dépassé les 10% en Europe, ce qui a contraint la Fed à injecter pour 70 milliards de dollars ou plus de liquidités trois jours de suite.

Le taux interbancaire à trois mois en dollar restait cependant indiqué à 4,58% jeudi, contre un fixing à 3,06250% mercredi à Londres.

La BCE lance pour sa part ce jeudi une offre au jour le jour à taux variable susceptible d'atteindre 40 milliards de dollars.

Elle suit deux injections en euros lundi et mardi - 30 milliards d'euros lundi et 70 milliards mardi.

Il s'agit, a-t-elle indiqué, de "faire face aux pressions toujours élevées" sur les marchés du refinancement en dollar.

"Les banques centrales continuent de collaborer étroitement et elles prendront les mesures appropriées pour répondre aux tensions en cours", a précisé la BCE dans un communiqué.

"Ces mesures, avec les autres actions prises ces derniers jours individuellement par les banques centrales, visent à améliorer les conditions de la liquidité sur les marchés financiers mondiaux."

Avant cette annonce, les banques centrales du Japon, d'Australie et d'Inde avaient injecté jeudi 28 milliards de dollars dans le système monétaire, et la Chine avait assoupli sa politique pour la deuxième fois cette semaine. La Corée du Sud a vendu des dollars sur le marché swap et les Philippines sont intervenus pour soutenir le peso.

"De toute évidence, cela ne s'attaque pas aux racines du problème, mais cela permet de soulager un peu dans l'immédiat les tensions qui ont gonflé sur le marché monétaire. En réaction, le dollar/yen devrait rebondir", a commenté Ian Stannard, stratège changes chez BNP Paribas.

"C'est une action vraiment nécessaire qui devrait faire retomber un peu le stress sur les marchés financiers. Mais dans ce marché en proie à la panique, il sera presque impossible de quantifier si ce sera suffisant", a renchéri Christy Tan, stratège changes à Bank of America, à Singapour.

Et pendant ce temps là, les bonnes affaires continuent ... La banque britannique HBOS, leader du prêt immobilier au Royaume-Uni et nouvelle victime de la crise des subprimes, a accepté en urgence son rachat par Lloyds TSB, cinquième banque britannique, pour 15 milliards d'euros.


Spoiler:
 

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