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Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Des poèmes ... Jeu Déc 20, 2007 10:57 am | |
| Le roman de la rose (Extrait) Les princes ne méritent pas Qu’un astre annonce leur trépas Plutôt que la mort d’un autre homme : Leur corps ne vaut pas une pomme De plus qu’un corps de charretier, Qu’un corps de clerc ou d’écuyer, Je les fais pareillement nus, Forts ou faibles, gros ou menus, Tous égaux sans exception Par leur humaine condition.
Jean de Meung (fin du XIIIe siècle) Traduction Paul Eluard[/td][/tr] _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/
Dernière édition par Phidias le Mar Aoû 05, 2008 1:28 am, édité 2 fois |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Jeu Déc 20, 2007 10:58 am | |
| Musique charnelle
« La musique était-elle infinie ? L’avons-nous notée toute Pour le silence de ronce qui sépare les mots ? Les sons s’agenouillaient-ils jadis dans les cœurs Comme des saints couchés à même la pierre ? Ou n’avons-nous jamais cru qu’aux têtes ? A leurs traces de bêtes dépecées à même la bouche ?
C’est le soir. Le noir de l’œil grandit dans l’œil. On saigne. L’oreille repose au fond de nous comme un barbelé arraché A l’âme. Oreille, ô mère d’autrefois, écoute la langue Qui entre en toi et en moi comme le pain de mémoire. Romps Ce pain en signe de la musique qui a failli. » _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/
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|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Jeu Déc 20, 2007 10:59 am | |
| LE CHANT DU COUCOU
Le cri du coucou vient de plus loin que la forêt, Il arrive de plus loin que le vent Je l’entends retentir dans l’horlogerie des primevères, Il me rattrape puis me distance, tour à tour il me presse et m’éloigne, Comme si mon corps ou entendre partageaient une essence commune aux oiseaux. On dirait le souffle avant-coureur des sécheresses, une tourmente préparée De longue main dans le sein même de la lumière …
Max de Carvalho-Wyzuj (né à Rio au début des années 1960)[/td][/tr] _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/
Dernière édition par Phidias le Mar Aoû 05, 2008 1:33 am, édité 1 fois |
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 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Sam Jan 12, 2008 12:47 pm | |
| A ceux qui partent pour oublier leur maison Et le mur familier aux ombres J’annonce la plaine et les eaux rouillées Et la grande Bible des pierres
Ils ne connaîtront pas - A part le fer et le jasmin des formes La Nuit heureuse de transporter les mondes L’âge dans le repos comme une sève
Pour eux nul chant Mais la rosée brûlante de la mer Mais la tristesse éternelle des sources.
Georges Schéhadé, Liban _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Dim Jan 13, 2008 9:56 pm | |
| un poème que je dédicace au souvenir de Raphaël, "l'inconnu de la Concorde"
| Spoiler: | | | Rafaël, l'inconnu de la Concorde LE MONDE | 13.01.08 | 14h04 • Mis à jour le 13.01.08 | 14h04
Il aurait pu s'appeler " X" pour toujours – c'est comme ça qu'on enregistre les SDF inconnus à l'Institut médico-légal. Se retrouver enterré parmi tant d'autres, sous une tombe blanche sans nom, dans l'ancien "carré des indigents" du cimetière parisien de Thiais. Au mieux, il aurait été "un homme", entre " Titi", " Le Polac", "Joli Coeur de Passy", " Sans Dents " ou "Cahouette", sur les faire-part collectifs de la valeureuse association Les morts de la rue. Car l'homme décédé place de la Concorde, le 20 décembre 2007, n'avait ni papiers, ni camarades d'infortune vagabonde, ni habitudes de maraudes. Donc, pas de petit nom.
Lorsque Dominique Chantreux, employé au service des parcs et jardins de la Mairie de Paris, prend son travail, ce jeudi 20 décembre, à 8 heures, il commence par sortir ses clés et ouvrir la porte de l'enclos grillagé situé au bas des Champs-Elysées, à l'angle de l'avenue Edward-Tuck et du cours de la Reine. C'est là que les jardiniers du secteur ont l'habitude d'entreposer leur matériel – des palettes de bois après la livraison de nouvelles boutures d'arbres, des conteneurs verts pour les feuilles et les branches mortes. On y trouve aussi des grands pans de tissu jaune d'or, récupérés chaque été sur les tribunes du Tour de France. Les jardiniers affectés aux "Champs" – l'un des secteurs les plus convoités – s'en font des chiffons qu'ils glissent dans leurs poches, pour essuyer le manche d'un râteau ou des doigts trop terreux.
Un peu plus loin, à quelques mètres de la porte, deux fines allées d'herbe piétinée traversent le grillage. Aux premiers jours d'octobre, "après la fête des Jardins", se souvient Dominique,"un homme", la quarantaine, s'est installé au "dépôt Tuck", petit enclos à ciel ouvert d'environ dix mètres sur trois, juste derrière la voie express. Les jardiniers de la Ville de Paris ont pris l'habitude le retrouver, chaque matin, sur deux palettes de bois installées côté à côté, afin de s'isoler du froid. Les bosquets le protégeaient du froid, et le soleil, venu de la Seine, tiédissait sa paillasse de bois.
Pour ranger les huit couvertures qu'il superposait sur lui à la nuit tombée, il avait choisi une poubelle, et les jardiniers avaient fermé les yeux. C'est là aussi que l'après-midi, quand il allait se promener, cet homme qui parlait peu et dont ils ne savaient rien cachait son petit sac à dos. Tous les jours, face à lui, la place de la Concorde, et au fond, sur le ciel, cette grande roue qui tourne sans s'arrêter, comme le cirque des voitures autour de l'obélisque : "Il avait la plus belle vue de Paris ", dit Dominique Chantreux.
"Un homme" ne semblait pas français. Il "ronchonnait" quand, de temps en temps, les jardiniers le priaient de dégager le terrain, parce qu'ils avaient besoin de la place qu'il occupait. Il disait "bonjour" avec un accent qui leur semblait "de l'Est". Sur les Champs, les SDF viennent souvent de l'autre côté du Rhin. Balayeurs de rue, policiers, jardiniers et associatifs le savent : les Afghans, les Kurdes, les Irakiens et les Iraniens se retrouvent dans le 10e arrondissement, entre la gare de l'Est et la place du Colonel-Fabien ; les Roumains, gare du Nord ; les ex-Yougoslaves et les exilés de l'Est, entre l'Etoile et les Tuileries.
La nuit du 19 au 20 décembre a été l'une des plus froides de ce début d'hiver : moins trois degrés à Paris. Ce matinlà, l'air est piquant et le gel redonne aux frondaisons une couleur verte stérile. Immédiatement, le jardinier comprend qu'"un homme" ne va pas bien. Il y a quelques jours, déjà, dans la rue Tronchet toute proche, Dominique le jardinier avait secoué par les épaules un SDF qui dormait ventre à l'air : "Il a crié, j'étais content qu'il me fasse peur." "Un homme", lui, gît recroquevillé, loin de son lit de fortune. "Il n'avait que ses habits sur lui : trois pulls chauds, un blouson, deux pantalons, un bonnet. Gris. Oui, il me semble, gris." Sous le rai du lampadaire qui, en cette heure matinale, éclaire encore le petit enclos, son corps semble à Dominique Chantreux comme "irréaliste : très luisant, tout brillant". Le froid a recouvert les vêtements d'une couche de givre.
Quand le jardinier s'approche, inquiet, il sait déjà qu'"un homme" est mort. Pudiquement, il recouvre du drap jaune du Tour de France le corps défunt, puis son "calme et beau visage". "Je le verrai toujours, raconte le jardinier comme l'Aurélien d'Aragon qui parlerait de sa noyée de la Seine, autre inconnue dont les traits si beaux avaient été moulés à la morgue. Il avait les lèvres rouges. Ce n'était pas le visage de quelqu'un de terrifié ou de foudroyé." Pourquoi"un homme" s'estil laissé mourir, ce soir-là ? Pourquoi n'a-t-il pas sorti ses couvertures ? Pourquoi n'a-t-il pas été se coucher à l'autre bout du dépôt, sur le compost, là où se réchauffent les souris et les mulots ? Pourquoi, avec le briquet et les allumettes qu'on a retrouvés sur lui, n'a-t-il pas allumé un feu – les palettes brûlent bien ? "Un homme" avait choisi de vivre dans un enclos, à l'abri des regards. Il n'aimait pas qu'on le dérange.
Un feu l'aurait fait remarquer par les policiers du commissariat du 8e arrondissement tout proche. Jamais les jardiniers n'ont retrouvé de cadavres de bouteilles autour de lui. Pourtant, ce soir-là, a établi le médecin légiste, "un homme" avait bu, beaucoup bu avant de rentrer mourir dans ses bosquets, à l'heure où s'endormaient, sous le kiosque à musique du jardin, les deux SDF auxquels il ne disait jamais rien. A l'heure sans doute où s'éloignaient, derrière son dos, au bord des Champs-Elysées enguirlandés pour les fêtes, les derniers dîneurs du restaurant Ledoyen.
Mourir seul, sans papiers, à quelques mètres de l'Assemblée nationale, au bord de la place où Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire : en deux brèves et trois blogs, "un homme" devient malgré lui "l'inconnu de la Concorde". Il est déjà le quatrième SDF français à mourir de froid depuis le 9 novembre 2007, mais le premier à avoir l'impudence de le faire à l'épicentre du pouvoir et à la veille d'une proche bataille pour les élections municipales. "Ce décès sur la plus belle place du monde (…) est un événement indigne et intolérable", accuse Pierre Lellouche, candidat UMP à la mairie du 8e arrondissement. "La Ville de Paris n'a aucune leçon à recevoir de Pierre Lellouche qui, en sept ans, ne s'est jamais intéressé de près ou de loin à la question des sans-abri", répond l'Hôtel de Ville.
Le lendemain de la mort, sous le marronnier le plus proche de son antre, se retrouve la trop petite famille d'amis des miséreux – les frères Legrand, le hautcommissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, l'adjoint Vert Denis Baupin, un énarque qui se balade dans Paris avec un thermos de café pour les sanslogis, des SDF en colère contre la ministre du logement, Christine Boutin."Nous ne savons presque rien de cet homme. Mais une chose est sûre : il est mort dans la solitude et l'abandon", dit Christophe Louis, le président du collectif des Morts de la rue, en déposant une couronne de chrysanthèmes ornée d'une bannière violette : "A notre frère inconnu." On avait rappelé, ce jour-là, que l'espérance de vie des SDF est en France inférieure d'au moins 30 ans à celle de l'ensemble de la population, qui est de 80 ans. Ons'était désolé qu'au XXIe siècle on puisse mourir sur l'une des places les plus éclairées de France, sans adresse mais aussi sans nom. On se disait que l'inconnu devait être polonais. Chaque matin, à quelques mètres de son repaire, des dizaines de cars fatigués venus de Cracovie, de Gdansk où d'ailleurs déposent en effet leurs vrais et faux touristes près du bosquet où vivait "un homme". Ils lèvent leurs yeux fatigués par le voyage vers la place à l'obélisque doré, gare centrale d'un marché du travail facile qu'on leur a tant vanté. Un anonyme a posé sur les fleurs un petit ours en peluche blanc. Pourquoi, en voyant un homme dormir sur les bouches de métro, se demande-t-on souvent comment il fut quand il était enfant ? "Un homme" était né en Allemagne d'un père au nom polonais. Il était arrivé en car à la fin de l'été avec un visa de touriste, fuyant son pays et sans doute bien d'autres choses encore.On le sait parce qu'un jour d'octobre et de soleil, la police l'avait arrêté sur un Vélib'qu'il n'avait pas payé. Au poste de police, devant uninterprète, il avait raconté qu'il avait trouvé le vélo au pied de la grande roue : "Il était là depuis des jours. Je croyais que c'était gratuit."
On avait pris deux mauvaises photos de face et de profil, relevé ses empreintes digitales. Il n'avait pas de papiers, mais il avait décliné son patronyme. On a donc pu retrouver, il y a quelques jours, à l'Institut médico-légal, l'identité d'"un homme". "L'inconnu de la Concorde" avait raconté qu'il était né en 1966, qu'il avait une amoureuse quelque part en Pologne, qu'il était artisan et cherchait du travail, que son père vivait toujours en Allemagne, où son corps, après hésitations familiales, sera finalement rapatrié, mardi 15 janvier. Sur le caveau des K…, on pourra enfin écrire "Rafaël", son prénom.
Ariane Chemin
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ETRANGER
Si ce n’est pas ce froid, qu’est-ce qui me signale ? Le rêve mal dissous, l’ombre noire et la voix Qui font pleurer l’enfant, ou la brume hivernale ? C’est moi … moi, l’importun qui vous barre la voie.
Je ne suis mort ni vif, ailleurs est mon domaine. L’enfer du ferrailleur est moins que moi rongé, Moins diffus le retour inquiet d’une âme en peine ; Le regard qu’on lui jette éloigne l’étranger.
Il est une pâleur, il est une couleur Et sombre et claire, un jour vague entre chien et loup : Le croirez-vous, je suis fait de cette douleur.
Je viens d’ailleurs, que vaut l’objet qu’on porte au clou ? Et voici que grandit en moi l’incertitude, Que s’approfondit plus encor ma solitude.
Mohammed DIB, Algérie. _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | BoukhaGold Homonculus Belli


 Inscrit le : 03 Juil 2007 Messages : 1645
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Mar Jan 15, 2008 3:05 am | |
| ...puis afin de n'occuper personne de lui... sur le penchant du montqu'il s'était choisi... entre le sable et le rocher ..
Abel-François de Villemain - tableau de l'éloquence chretienne du IV siècle -
ssssssssssplendide !
 _________________ ...Bellum omnium contra omnes.... |
|  | | Bleach Homo Mollis

 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 288
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Mar Jan 15, 2008 4:35 am | |
| UUUUNE NEGREEESSEUUUU QUI BUVAIT DU LAIT AH! SE DIT ELLEUUU SI JE LE POUVAIS TROMPER MA FIGUREUUUU DANS CE BOL DE LAIT JE SERAIS PLUS BLANCHEUU QUE TOUS LES FRANCAIS TOTO aka BADI BADO _________________ Ce post vous a ete presente par les chips [u:9b22]Poilis*[/u:9b22]. Legeres, croustillantes et au deliceux gout du pubis. [u:9b22]*Existe en deux saveurs.[/u:9b22] |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Jeu Jan 17, 2008 8:53 pm | |
| ... dédicace à TOTO
Sur un versificateur diffus
Vos vers sont bien tournés, les rimes en sont belles ; Certes les pieds y sont, mais je cherche les ailes.
GUICHARD (1731-1811)  _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Sam Jan 19, 2008 11:25 am | |
| Je n’ai pas de problème
Je n’ai pas de problème Tout chat que je vois seul errant Je l’embrasse Et lui dis : Tu es mon fils le grand Et m’en vais … A ma solitude
Jamais Je n’ai de problème Après dix bouteilles vertes Dont je ferais les bases de ma Cité parfaite Et nommerais mon commensal à sa tête Puis ma poésie ses lois Je ramènerai les soldats au devoir sentimental Et m’en irai… A mon verre oublié
Je n’ai pas de problème
Quand je mourus Seuls avaient marché derrière moi ma plume Mes chaussures Et le rêve des bourreaux J’ai maintenant à reprendre mes larmes Du fleuve De la mer De sa joue Des trente années passées sans joie De l’épi humide
Je n’ai pas de problème
Les cieux : S’ils sont sept Ou s’ils sont cinq La pluie viendra Et les terres : Si elles sont sept Cinq Ou une Elles suffiront aux hommes
Je n’ai pas de problème
Je vais seul voir Dieu Et lui dirai : Mon amour Je voudrais un endroit hormis la terre L’enfer Et le paradis fermé
Jamais Je n’ai de problème
Quand les fleurs provoquent mes poches Je les dessine avec la plume Et le drapeau… Quand il dénude les miens Je le déchire étoile par étoile Et couds leur nudité avec un à un Et embrasse la terre sans nommer Dieu
Je n’ai pas de problème Je n’ai pas de problème
Mohamed Al-Sghaïer Ouled Ahmed, Tunisie _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Sam Jan 19, 2008 10:29 pm | |
| SI TU ES HOMME SOIS HOMME
Si tu es homme, sois Homme Non quelque indigne pantin Que, de-ci de-là, ballotte, Comme un jouet, le destin. Le destin n’est qu’un chien lâche Qui aboie mais fuit honteux Devant celui qui le brave. Allons, tiens bon ! sois un preux !
Si tu es homme, sois Homme, Sans recours aux phrases vaines : Les actes sont éloquents Plus que tous les Démosthène. Fais, défais, comme l’orage, Et quand ton œuvre est finie, Disparais comme il s’efface Ayant sa tâche accomplie.
Si tu es homme, sois Homme. Ce que tu crois fermement, Ose le dire, de droit le paierais-tu de ton sang. Cent fois plutôt qu’abdiquer Renonce à ton existence. Mourir est sans importance Si tu conserves l’honneur.
Si tu es homme, sois Homme Garde ton indépendance, Contre tout l’or de ce monde On n’en saurait faire échange. Qui, pour avoir plus, se vend, Que ton âme le méprise ! « Pauvre mais indépendant » : Que ce soit là ta devise !
Si tu es homme, sois Homme, Digne, fort et courageux, Et rien contre toi ne peuvent Ni les hommes, ni les dieux. Sois un chêne que l’orage Peut jeter dans la poussière, Mais dont il ne saurait faire Plier la stature altière.
Sandor Petöfi, Hongrie (1823-1849) Traduction : Jean Rousselot _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Dim Jan 20, 2008 4:20 pm | |
| Iris, Vous me désespérez,
Mais je vivrai Comme vivent les hommes
Qui essaient eux aussi De fleurir
Eugène Guillevic (1907-1997) _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Lun Jan 21, 2008 9:27 pm | |
| Dédicace à Nadouille, poétesse des papilles, et à son blog gastronomique http://fussoir.blogspot.com/
La soupe à l’oignon
Quel est ce bruit appétissant Qui va sans cesse bruissant ? On dirait le gazouillis grêle D’une source dans les roseaux, Ou l’interminable querelle D’un congrès de petits oiseaux. Mais cela n’est pas. Que je meure Sous des gnons et sous des trognons, Si ce ne sont pas des oignons Qui se trémoussent dans du beurre !
Raoul Ponchon (1848 – 1937) _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Mar Jan 22, 2008 11:51 pm | |
| NYX
O vous mes nuits, ô noires attendues O pays fier, ô secrets obstinés O longs regards, ô foudroyantes nues O vol permis outre les cieux fermés.
O grand désir, ô surprise épandue O beau parcours de l’esprit enchanté O pire mal, ô grâce descendue O porte ouverte où nul n’avait passé.
Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie Avant d’entrer à l’éternel séjour. Je ne sais pas de qui je suis la proie. Je ne sais pas de qui je suis l’amour.
Catherine POZZI, (1882-1934) Poèmes (1934) _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Mer Jan 23, 2008 9:36 pm | |
| Récit initiatique peul :
Le jour a si bien paru que le soleil a germé. Les étoiles sont desserties et le ciel est dépouillé Telle une grande femme quittant ses parures. Voilà mon bouc qui béguète Tandis que le petit chien s’est mis à japper ! - Lotôri ! Lotôri, qui avait dit que le jour ne serait plus ?
Amadou Hampaté-Ba, Afrique L’éclat de la grande étoile _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
|  | | Phidias Homo Pacificus


 Age : 34 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 3658 Localisation : ... dans le désert
 | Sujet: Re: Des poèmes ... Mar Jan 29, 2008 10:48 pm | |
| Rencontre
L’homme qui marche dans la nuit Brille à travers ses larmes Comme un feu sourd dans le brouillard Halo du prisme autour de ses épaules L’ombre portée de son cœur à ses pieds.
Anne Hébert (née en 1916) Poèmes nouveaux, Québec. _________________ Vivre et laisser Vivre ! => http://blog-alternatif.blogspot.com/ |
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